"Les Disparus de Noël" : cold case à la charentaise
Depuis plus de cinquante ans, "l’affaire Méchinaud" trouble le petit village de Boutiers en Charente : une famille disparue sans laisser aucune trace, comme évaporée dans la nuit de Noël. Jean-Charles Chapuzet, auteur et journaliste, se penche sur l’affaire et explore chaque détail pour tenter d’en percer le mystère. Plongez au cœur du plus vieux cold case1 français !
Noël 1974, quelque part entre Cognac et Boutiers-Saint-Trojan. Jacques et Pierrette Méchinaud et leurs enfants, Eric et Denis, quittent leurs amis vers 1h du matin à bord de leur Simca 1100 grenat, après leur dîner du réveillon. Ils n’arriveront jamais jusqu’à leur maison aux volets verts. Après quelques jours d’incertitude, l’alerte est donnée par la famille. Les gendarmes ne découvriront pas grand-chose si ce n’est une maison vide avec un repas de Noël avarié et des cadeaux encore emballés au pied du sapin. Ce sont ses présents qui poseront beaucoup de questions : pourquoi avoir tout préparé pour le lendemain si la disparition était prévue ?
Alors, à Boutiers-Saint-Trojan, près de Cognac, les suppositions pleuvent. Pierrette avait un amant depuis deux ans et Jacques l’aurait appris. Il n’avait jamais senti d’ailleurs ce Maurice, leur voisin un peu m’as-tu-vu. Jacques aurait voulu refaire leur vie ailleurs, à l’étranger. En soi, rien de très extraordinaire. Mais aucune piste n’émerge pour résoudre leur disparition. Comment quatre personnes ont-elles pu s’évaporer soudainement ? Sans mouvement bancaire, sans avoir été aperçues un jour ou l’autre quelque part ? Comment résoudre une enquête sans corps et sans indices ? Et la voiture ? Les plongeurs n’ont rien trouvé dans la Charente…
Alors depuis plus de cinquante ans, les mémoires et les imaginaires s’affolent : suicide collectif ? Fuite en Australie ou en Vendée ? Meurtre commis par un caïd local ou par l’amant ? Au fil des décennies, plusieurs éléments sont explorés, ranimant l’enquête pour sonder une nouvelle portion du fleuve ou pour comparer l’ADN d’ossements retrouvés. Une Simca 1100 grenat sera même repêchée. Toujours en vain.
Au début de l’année 2026, Jean-Charles Chapuzet termine son livre-enquête. Chaque chapitre retrace cinquante ans de mystère, un labyrinthe de spéculations et d’ascenseurs émotionnels : saurons-nous un jour ce qui est arrivé à la famille Méchinaud ? L’auteur est rompu à l’exercice, entre ses articles journalistiques et ses scénarios de bande dessinée, il sait transformer en récit captivant des morceaux d’Histoire. Ce fait divers titille les imaginaires et durant plusieurs mois, Jean-Charles Chapuzet va interroger tous les protagonistes encore vivants pour décrypter chaque personnage, chaque nouvel élément d’enquête et se passionner pour ce drame familial. Il en ressort un récit rythmé où le lecteur aura presque l’impression d’écouter un podcast tant l’auteur semble nous raconter de vive voix toutes ses avancées.
Fait incroyable, au moment du bouclage du livre, une nouvelle campagne de fouilles est demandée ! L’histoire est sans fin et l’auteur aura su nous tenir en haleine pour suivre d’un peu plus près les prochains rebondissements…
1. Affaires judiciaires ou criminelles non élucidées
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Les Disparus de Noël, Jean-Charles Chapuzet, éditions La Tengo