" Les Légendaires " ou le pouvoir de l’amitié
Après une première adaptation en série animée en 2017, la bande dessinée Les Légendaires, créée par Patrick Sobral, s’exporte au cinéma le 28 janvier 2026. Réalisé par Guillaume Ivernel, le film a bénéficié du soutien à la production de la Région Nouvelle-Aquitaine. L’occasion de replonger dans l’enfance, mais en trois dimensions.
Au fond de mon sac de collégien, entre un cahier de maths et un agenda griffonné, il y avait toujours un tome des Légendaires. Quinze ans plus tard, les cases de mes albums quittent le papier pour la salle obscure. Voir cet univers, découvert adolescent, prendre vie au cinéma a quelque chose de troublant : une sensation de retour à l’enfance, comme les protagonistes de l’histoire qui redeviennent des enfants à cause d’un mauvais sort.
Dès les premières images, le film déploie un vaste monde médiéval, nourri de références fantastiques multiples. L’imaginaire européen y croise des influences orientales, tandis que certaines touches technologiques dans l’inspiration steam punk viennent nuancer les codes traditionnels du genre. Forêts luxuriantes aux teintes tropicales, cités animées, montagnes enneigées, les écosystèmes y sont variés. Le récit s’appuie sur un univers étendu, structuré par des peuples, des territoires et des cultures identifiables.
Visuellement, l’adaptation trouve un équilibre solide entre l’héritage de la bande dessinée et la modernité de la 3D. Les personnages conservent des silhouettes et des expressions fidèles au trait d’origine, tandis que l’animation apporte profondeur et mouvement. Les combats, fluides et lisibles, impressionnent par leur dynamisme : les chorégraphies sont claires, rythmées, portées par des effets de lumière maîtrisés qui donnent du relief aux affrontements.
Si le long métrage puise dans les prémices de la bande dessinée et en respecte les fondations, il ne cherche pas à en reproduire la chronologie des 26 tomes originaux. L’aventure proposée ici est inédite et ne s’inscrit pas dans les canons de la saga. Ce choix narratif permet une liberté : celle d’imaginer un récit autonome, pensé pour le format cinéma, sans exiger une connaissance préalable de la série. Les lecteurs de la première heure reconnaîtront les mécaniques et l’esprit, tandis que le film trace sa propre trajectoire.
Retrouver Danaël, Jadina, Gryf, Razzia et Shimy après toutes ces années, c’est comme rouvrir un vieux carton de souvenirs qu’on pensait oubliés. On y retrouve l’enfance, les premières lectures, et ce plaisir intact de l’aventure. Mais derrière la nostalgie, le film rappelle aussi que cet univers n’a jamais été neutre : il porte des messages clairs, opposés aux dérives autoritaires, et affirme une sensibilité écologique omniprésente, inscrite dans ses décors, ses conflits et sa vision du monde.
L’humour occupe une place centrale dans cette adaptation comme dans la BD originale. Les dialogues multiplient les clins d’œil et les références contemporaines, assumant un ton accessible et en phase avec un public jeune comme plus âgé.
Au cœur du film, on retrouve ce qui faisait déjà la force de la saga : des valeurs d’amitié, de solidarité et de résilience. Les héros ne sont pas invincibles. Ils doutent, trébuchent, se relèvent ensemble. Le récit rappelle que la véritable force ne réside pas uniquement dans les armes ou les pouvoirs, mais dans la capacité à faire front collectivement face à l’adversité.
Vingt-deux ans après la parution du premier tome, Les Légendaires au cinéma devient une porte d’entrée vers la bande dessinée, invitant les spectateurs à prolonger l’expérience par la lecture.
Les Légendaires, de Guillaume Ivernel
En salles le 28 janvier 2026
Soutien à la production de la Région Nouvelle-Aquitaine en partenariat avec le CNC et accompagné par ALCA.